J’ai peur d’être rejeté.e : oser s’affirmer sans craindre le conflit

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La peur d’être rejeté(e) est une peur partagée par de très nombreuses personnes.

Cette peur est utile car elle permet de s’adapter à des groupes ou à des individus bien différents. Parfois cette peur inhibe trop notre capacité à exprimer un besoin ou même un désaccord. C’est alors qu’une thérapie individuelle peut s’avérer très opérante.

Le contexte

Lorsque Julie, 45 ans, s’adresse au cabinet Vibrato, elle vient parce qu’elle se sent mal dans son équipe au travail. Elle suppose que c’est parce qu’elle n’arrive pas à bien communiquer.

Julie est célibataire et travaille plus de 10 ans au sein de la même grande entreprise. Mais les pressions dans cette entreprise se font de plus en plus sentir car la concurrence est vive. 

"Quand ai-je peur du conflit ?"

Pour travailler sur le système que représentent Julie et son équipe, nous avons d’abord examiné les sous-systèmes.

L’équipe est composée de 3 personnes hiérarchiquement équivalentes et d’un manager qui s’appelle Bérengère.

Nous avons également exploré quels sont les autres systèmes auxquels appartient Julie. Cela a permis de répondre non à l’hypothèse qui aurait été la suivante : Julie est célibataire, donc elle se sent plus dépendante du groupe que représente l’équipe. Cette première lecture n’est pas satisfaisante car Julie fait partie de plusieurs groupes d’amis qui la sollicitent régulièrement pour participer à des activités variées. En outre, elle participe activement à l’activité d’associations.

"De quoi ai-je peur ?"

Pourquoi Julie n’ose pas faire complètement part de son point de vue ?

Julie me dit que, de manière générale, elle craint de « fâcher » la personne à qui elle va proposer une modification de point de vue ou de décision. Elle a peur de la contrarier.

Je demande à Julie ce qui se passerait alors. 

« Il y aurait des regroupements de personnes, des alliances, des coalitions…  » : Julie craint donc de déséquilibrer les rapports existants au sein de l’équipe.

Je demande à Julie si elle peut trouver un sujet qui n’ait pas d’enjeu trop fort dans l’équipe pour tester comment sa proposition serait accueillie.

Julie me dit alors : « Cela va mal se passer car j’ai la réputation de m’exprimer de façon trop abrupte. » « Ma façon de faire est ressentie comme cassante »

L’hypothèse

Est-ce parce que Julie est abrupte que ses propositions sont mal reçues ? 

Ou est-ce parce qu’elle est intérieurement terrorisée à l’idée que les autres vont rejeter ses propositions ? 

Cette panique intérieure l’empêche de s’exprimer posément. Il est même possible qu’elle rajoute une forme nettement désagréable (abrupte, cassante…) pour être sûre (inconsciemment !) de diminuer l’impact sur elle de la réponse (cela se passe comme d’habitude).

Comme de nombreuses personnes, Julie est dans le principe du sauve-qui-peut archaïque : devant un danger (l’ours), je peux soit fuir (comme l’homme préhistorique), soit me battre (comme l’homme préhistorique dans d’autres circonstances 😊). Dans notre monde civilisé, une voie qui ne consiste ni à se soumettre ni à entrer en conflit existe : l’assertivité.

Qu’est-ce que l’assertivité ?

Voici ce que recouvre le terme : « Je peux exprimer fermement et tranquillement un point de vue en défendant mes droits, en respectant ceux des autres. Je peux me prononcer avec sérénité. Je peux m’affirmer clairement et complètement, sans heurter et sans perdre le contact. »

 

L’assertivité permettrai ainsi à Julie d’ouvrir le champ des réponses possibles. Nous allons travailler ensemble sa façon de s’exprimer.

Dans le même temps, nous allons tenter de découvrir avec elle ce qui, dans son histoire ou dans ses précédentes expériences, l’a amenée à ancrer en elle cette peur du conflit. Nous verrons dans un prochain blog comment l’aider à prendre un peu de distance par rapport à cette peur. 🙌

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